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Interview : Les déploiements ERP à l'international - Avis d'expert (2/3)

Pierre-Edouard ROUSSEL30/11/2017
Photo Jérémie Mercier - Consultant Senior Finance et Chef de projet ERP International
Jérémie Mercier - Chef de projet COSMO CONSULT

Un système d’information (SI) performant est un atout crucial pour une entreprise qui se développe à l'international. L'ERP est aujourd'hui au centre de ce système et va permettre de centraliser, partager, analyser et consolider l'information stratégique d'une société. Aussi, l'analyse des données et la collaboration vont permettre à l’entreprise de gagner en efficacité, d’atteindre le consensus sur l’information de gestion, tout en assurant aux décideurs un contrôle précis de son développement. A travers 3 interviews de nos experts projets ERP internationaux, découvrez les spécificités de ces projets et de leurs déploiements. Deuxième volet avec Jérémie Mercier qui évoque les enjeux, les règles IFRS (standards de reporting financiers internationaux), l'harmonisation de process, ou encore l'accompagnement au changement.

Bonjour Jérémie, vous êtes Consultant Senior Finance chez COSMO CONSULT et Chef de Projet pour des déploiements internationaux. À ce titre, quels sont les enjeux des clients qui font appel à votre expertise ?

Mes fonctions chez COSMO CONSULT m’amènent à être en relation avec les Directeurs Financiers de groupes internationaux qui souhaitent mettre en place certaines règles globales au niveau de différentes entités. Il s’agit notamment de règles IFRS (NDLR : International Financial Reporting Standards). Ainsi, en mettant en place ce type de règles, on va paramétrer un logiciel de façon similaire dans les différentes entités afin que l’information ait la même signification d’une entité à une autre. L’enjeu principal, d’un point de vue financier, est de pouvoir consolider facilement ces informations, d’avoir un reporting groupe qui signifie quelque chose et que, quel que soit le rapport financier que l’on va sortir d’un pays, les valeurs auront les mêmes significations.

Au-delà des éléments purement financiers, quel autre enjeu identifiez-vous ?

Le principal enjeu est d’harmoniser les process métiers au sein de différentes entités. Souvent, ce qui se passe, c’est qu’au niveau du siège, on souhaite mettre en place certains process, harmoniser ces process au niveau des différents pays et suivre les meilleurs practices, les meilleures procédures qui ont été dessinées par le groupe. C’est principalement ce qui motive la mise en place d’un Core Model…

C’est donc une question de logique de travail ?

Effectivement, la logique de travail va être la même, on va parler des mêmes flux métiers et l’équipe support va être identique. Donc, plutôt que de multiplier les équipes supports en local, on retrouve une équipe support globale qui va pouvoir être en capacité d’aider toutes les entités du groupe, où qu’elles se trouvent dans le monde.

Donc par définition, quand vous allez dans les pays vous venez avec un cadre sur des règles de gestion financières et de remontées de données ?

Voilà, tout à fait. Des règles de gestion qui sont voulues par le groupe afin d’harmoniser tout le reporting qu’on va retrouver derrière.

Comment se déroule les choses quand vous arrivez au sein d’une filiale dans le cadre d’un déploiement avec le discours du type : "on a l’obligation, au niveau de votre groupe, de mettre en place un certain nombre de règles" ? Comment est-ce perçu ?

Suivant les entités et les pays où l’on se trouve, on est confronté à différentes réactions, avec un frein au changement qui va être plus ou moins fort suivant l’entité. La chose qui est importante, que l’on souligne toujours à nos différents clients, c’est vraiment de faire de la conduite au changement et de l’accompagnement afin d’expliquer les enjeux liés à l’harmonisation des processus, en expliquant aux personnes dans les filiales les enjeux au niveau du groupe afin d’avoir une meilleure compréhension, afin d’avoir une meilleure harmonisation des process, afin de simplifier la tâche pour tout le monde, y compris leur propre tâche.

Vous parlez d’accompagnement de personnes, qui voient leurs habitudes de travail bousculées avec l’arrivée d’un nouvel outil informatique. Que faites-vous concrètement pour accompagner les gens ?

On va s’appuyer sur une méthode très pédagogique et organiser différentes réunions avec les personnes sur place pour expliquer les différentes étapes du projet, expliquer les bénéfices qu’ils vont tirer de ce projet, les enjeux pour la société. Souvent, c’est quelque chose qui va passionner puisqu’ils vont aider la société à se moderniser. Même si, effectivement, pour les personnes ce n’est jamais très simple de passer d’un système A à un système B. C’est là où nous intervenons pour expliquer, montrer à l’aune de notre expérience chez d’autres clients, les enjeux pour la société comme pour eux-mêmes à titre personnel. Car, les personnels des filiales vont aussi apprendre de nouvelles règles internationales et se former sur de nouveaux standards auxquels ils n’étaient pas confrontés auparavant.

Pour mener à bien cette phase d’accompagnement, vous vous appuyez sur qui ?

Dans tous les groupes de travail au niveau local, on va repérer les personnes les plus communicantes, compétentes et motivées par le projet. Ces personnes, quand elles sont identifiées, on sait très bien qu’on peut compter sur elles. On va les aider et les encourager à être moteur pour la mise en place du projet et afin de réussir le projet.

D’après votre expérience, existe-t-il des différences culturelles à l’égard du changement, d’un pays à l’autre ?

Absolument. Suivant la culture propre au pays, la conduite du changement va être perçue vraiment très différemment. Ainsi, en Europe, on a une réticence au changement qui est assez forte, contrairement à certains pays sur le continent africain où la réticence au changement n’est pas aussi marquée… Les gens sur le continent africain sont beaucoup moins réticents, sont plus à même de vouloir changer et de participer à la modernisation de la société, à l’évolution de la société en mettant en place ces progiciels de gestion.

Vous voulez dire qu’il y a plus de "fraîcheur" dans la façon d’appréhender le travail et la nouveauté ?

Oui. Les gens en Afrique se donnent beaucoup plus… Ils sont tous là pour moderniser la société et faire avancer les choses… C’est peut-être une vision "tout est beau - tout est rose", mais c’est mon ressenti. Mais peut-être qu’il ne me reste que de bons souvenirs…

D’une certaine manière, lors d’un déploiement au sein d’une filiale, vous êtes un passeur d'information…

En fait, je n’emploierais pas forcément ces termes. Car cela va dans les deux sens. Effectivement, on a une certaine compétence, connaissance sur le logiciel de par notre expérience sur les différents projets. On vient avec cette compétence et cette connaissance, qu’on va transmettre au client. Mais à l'inverse, les clients vont nous fournir un retour d'expérience et un ressenti sur le déroulement du projet qui sont extrêmement importants. Ils vont nous permettre de nous améliorer pour, par la suite et lors des prochains projets, devenir meilleur. En fait, c’est une amélioration continue pour les deux parties. Donc, le terme de passeur, ce n’est pas forcément quelque chose que je vois d’un point de vue unilatéral car effectivement on va apporter quelque chose au client, nos connaissances, nos compétences, mais je le vois plus comme un échange constructif.

On est dans une relation win-win où, globalement, vous apprenez d’eux, ils apprennent de vous ?

Oui, tout à fait.

Pour terminer, quelles sont les qualités des Consultants COSMO CONSULT pour mener des déploiements à l’international d’ERP ?

Une des premières qualités que l’on trouve chez les consultants COSMO CONSULT réside dans la façon que l’on a de s’adapter au client, la façon dont on va s’adapter au pays dans lequel on va intervenir, la façon dont on va s’adapter à la culture. On va également se mettre à la portée de nos interlocuteurs donc éviter d’être pédant… Car, se mettre à la portée de nos interlocuteurs et rester humbles dans notre travail, ce sont vraiment des qualités indispensables pour intervenir sur différents projets internationaux.

Merci Jérémie.

Jérémie Mercier | Consultant Senior Finance & Project Manager | COSMO CONSULT International

Basé à côté de la frontière Suisse, à proximité de Genève, Jérémie Mercier est depuis 9 ans Consultant Senior Finance et Chef de Projet Chez COSMO CONSULT. À ce titre Jérémie a effectué de nombreuses missions dans différents pays, sur les continents africain et européen, notamment pour le compte d’un géant du secteur de la brasserie.

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Mots clés

  • Microsoft Dynamics NAV
  • ERP

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